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jeudi 26 mars 2015

Scrivener : les métadonnées personnalisées

Plusieurs lecteurs de mon livre (un peu de publicité ;)) m’interrogent sur le fonctionnement des métadonnées personnalisées. Voici un petit topo rapide, que j’étendrai si je trouve d’autres choses à dire à ce sujet.
Chaque document de Scrivener peut être associé à un ou plusieurs indicateurs, qui vont aider à trier, organiser et s’y retrouver dans les centaines et milliers de bouts de texte qui constituent votre ouvrage. Par défaut, seuls deux “drapeaux” sont définis, les Étiquettes colorées et les États. Vous pouvez à loisir en personnaliser l’apparence et les libellés, mais cela se révèle malgré tout rapidement insuffisant pour les projets complexes - si vous souhaitez suivre les déplacements de vos personnages, les auteurs collaborant à un même sujet ou les dates d’écriture de telle ou telle partie de votre livre.
C’est pour cela que, depuis la version 1.7 de Scrivener, sont apparues les Métadonnées personnalisées. Sous ce terme un peu barbare, se cache en fait quelque chose de très simple et de très pratique : des drapeaux librement définis par l’utilisateur, qui contiendront les données textuelles de votre choix.
En pratique : vous définissez un nouveau type de données, auquel vous donnez un nom et une couleur. Ce sont comme des étiquettes vides, que vous posez sur vos documents, et dans lesquelles vous écrivez ce que vous souhaitez.
Exemple : pour ce mini-roman écrit par une classe de CM2, l’enseignant souhaite suivre qui a écrit telle ou telle part du projet. Il ouvre le panneau des métadonnées dans l’Inspecteur (4e icône),et clique l’icône en forme d’engrenage puis choisit Éditer les paramètres…
La boite de dialogue de paramétrage des métadonnées s’affiche :
Un clic sur le bouton “+” ajoute une ligne. Entrez le label de la métadonnée, et cochez les deux cases pour, respectivement activer le “word wrap” (passage à la ligne automatique pour montrer tout le texte) et pour utiliser la couleur du texte, plus explicite si vous multipliez les métadonnées personnalisées. Il suffit maintenant, pour chaque document, d’ouvrir le panneau ad hoc de l’Inspecteur, et d’entrer la donnée voulue, ici le nom de l’enfant. Vous pourrez ensuite visualiser cette information dans l’Organisateur, et surtout effectuer des recherches ciblées, pour retrouver par exemple tous les documents réalisés par un des enfants.
Dans le même esprit, vous pouvez facilement suivre les déplacements de vos personnages, ou leur présence dans chaque scène. Il suffit de créer une métadonnée par personnage, et de remplir les cases avec leur localisation, ou comme ici juste un signe pour dire qu’ils sont présents…
Dans l’Organisateur, les “cases” correspondant à chaque métadonnée que vous avez créée sont ajoutées à la liste des informations que vous pouvez afficher, il suffit de les cocher pour les afficher (en tenant compte du bug d’affichage toujours présent dans la dernière version de Scrivener, qui nécessite de jouer avec la bordure pour afficher toutes les colonnes).
Une fois cela réglé, vous voyez pour chaque texte les colonnes de chaque donnée, et leur contenu. Les recherches pourront les utiliser comme paramètres, et même au besoin les intégrer dans votre compilation.

jeudi 19 mars 2015

Les antivirus ne servent (plus) à rien !

Cela fait plus de 30 ans que je manipule intensivement l'outil informatique. J'ai démarré avec les premiers IBM PC XT et AT (disquettes souples 5,25" de 160 Ko retournables et disque dur de 5 Mo !!!). J'ai été journaliste plus de 20 ans, dans tous les principaux magazines de la presse spécialisée informatique. Vous pouvez me croire sur parole :
Les antivirus ne servent (plus) à rien !

Je sais, c'est un peu péremptoire et excessif. Vous voulez sans doute quelques explications. Je vais vous donner plusieurs arguments qui, j'espère, vous débarrasseront de ces coûteuses arnaques que sont les antivirus. Coûteuses en argent, car seuls les "payants" sont censés être vraiment efficaces. Coûteuses en puissance de calcul, car ces gadgets ralentissent sensiblement votre ordinateur.
Le premier argument est l'efficacité. Il y a dix ans, un antivirus arrêtait des virus. Plus aujourd'hui ! Je fais de la maintenance informatique tous les jours, chez des particuliers. Et pratiquement toutes les machines que je "nettoie" sont équipées d'un antivirus, souvent payant. Et dans le même temps, ces PC sont infectés jusqu'à la moelle ! Aucun message, aucun problème signalé par Avast, Kaspersky ou Norton. Cliquez-en l'icône dans la zone de notification, le panneau s'affiche pour vous signaler que tout va bien, alors même que des publicités pornographiques ou menaçantes envahissent l'écran à chaque clic ! 



Le second argument est que les antivirus sont plus nuisibles que beaucoup de malwares. Ils ralentissent votre ordinateur. Un peu, mais TOUT LE TEMPS ! Le démarrage est lent, la copie de fichiers est lente, la navigation sur le net est lente... C'est LENT ! Si vous avez un PC très récent et très haut de gamme, vous ne vous en rendrez pas trop compte - jusqu'au jour où, pour copier beaucoup de fichiers, vous désactivez l'antivirus et soudain c'est la surprise : votre PC est d'un seul coup une véritable fusée !
Un troisième argument est que votre PC mérite une hygiène, qu'aucun programme ne peut lui apporter. Seul l'usager est à même de ne pas installer n'importe quoi, ne pas surfer n'importe où. Avec le contrôle d'exécution apparu depuis Vista (l'UAC pour les puristes), à chaque fois qu'un programme va faire quelque chose d'important, Windows vous demande si vous êtes d'accord. Malheureusement, avec l'habitude et le manque de temps la plupart des usagers ont pris l'habitude de cliquer "oui" automatiquement. Idem pour les programmes d'installation : beaucoup intègrent des malwares optionnels, qu'il faut décocher (ou, plus vicieusement, cocher) pour ne pas installer. 99,99% des infections seraient évitées si l'on prenait juste le temps de lire ce qui est affiché à l'écran !


Cela fait plusieurs années que je n'ai plus d’antivirus sur mes PC, et que je convaincs mes proches de faire de même. Et ni moi ni eux n'avons été infectés par quoi que ce soit ! Mais il y bien sûr des précautions à prendre.
  • Avoir un logiciel qui vous signale les modifications des logiciels lancés automatiquement au démarrage de l'ordinateur ou dans la base de registre. J'utilise Anvir Task Manager (une version gratuite est disponible). Attention, choisissez la version "portable", ou faites attention à bien décocher les cochonneries à l'installation !
  • Passer régulièrement un logiciel de nettoyage. La périodicité varie en fonction des usages que vous faites de votre ordinateur, mais ce peut être une bonne idée de faire une analyse après avoir installé un logiciel douteux. Un mois me semble sinon un délai raisonnable en utilisation "normale". (je le fais régulièrement et je n'ai pas détecté d'infection ces deux ou trois dernières années, mais "on ne sait jamais"). Je vous recommande ZHP Cleaner et Adware Cleaner, associés à Malwarebytes Anti-Malware.
  • Surfer couvert. Installez Firefox et les extensions Adblock Plus et Noscript. Noscript est assez contraignant, puisqu'il faut autoriser les pages au coup par coup, mais c'est une protection de très haut vol qui évite de nombreuses infections. Je recommande aussi l'installation de l'extension WOT, qui vous signalera beaucoup de pages dangereuses détectées par d'autres usagers. 



  • Faites preuve de bon sens ! L'origine d'un programme ou d'un fichier doit vous mettre la puce à l'oreille. Et bien sûr, plus il y a d'usagers à un ordinateur, plus les risques d'infection sont importants.
Sur un PC en accès libre au bureau, l'antivirus est évidemment indispensable !
(en corolaire : pour les usagers "basiques", qui ne savent pas ce qu'est un fichier ou un dossier, et veulent juste utiliser l'ordinateur sans avoir besoin de réfléchir, la présence d'un antivirus est aussi rassurante qu'indispensable...)

(en cas de problèmes lié à cet article, l'auteur nierait avoir eu connaissance...)


mardi 17 mars 2015

Du stylo-plume et de la collectionnite impromptue...

Je vous ai parlé plusieurs fois de stylo-plume. Mais certains ont peut-être oublié de quoi je parle.
Un stylo-plume ou stylo à plume est un outil qui permet de tracer des traits à l'encre fluide, celle-ci étant contenue dans un réservoir ou une cartouche. (wikipedia)
C’est avant tout un instrument d’écriture, dont les premiers modèles datent, dans une forme très proche de celle que nous connaissons, de la fin du XIXe siècle. Objet des auteurs souvent, en concurrence avec la machine à écrire. Objet culturel, intimement lié à l’histoire et au langage. Objet de “statut social” et de luxe, aussi, quand il se pare de métaux rares et autres “résines précieuses”(1).
Le stylo-plume est désuet, et petit à petit rejoint le porte-plume dans de lointains souvenirs. Et cela ne risque pas de s’arranger, avec la disparition progressive de l’enseignement de l’écriture cursive dans les écoles. Cela se passe en Finlande, mais aussi dans plusieurs états des États-Unis, et certains s’interrogent déjà sur l’utilité de cette pratique surannée sous nos contrées. Or, sans l’écriture cursive, le stylo-plume perd beaucoup de son intérêt !
Mais pourquoi diable vouloir écrire avec un objet aussi archaïque et inconfortable qu’un stylo-plume ? Après tout, les crayons, feutres, rollers et autres bics sont moins fragiles, plus pratiques, et nettement moins onéreux ! Pour beaucoup, comme moi, la plume est aussi un souvenir d’école douloureux, plein de tâches sur le papier et sur les doigts, avec des effaceurs baveux, et surtout les pattes de mouches malhabiles et hésitantes, que l’on compare honteusement avec les superbes arabesques de notre voisin de table, qui émerveillent parents et enseignants.
J’ai redécouvert le stylo-plume en premier lieu parce que j’écris trop vite au clavier. Je n’y trouve plus aucun plaisir, les mots défilent à 100 à l’heure et le volume a remplacé depuis longtemps la qualité. Au hasard d’un site de chinoiseries, j’ai trouvé plusieurs stylos intrigants (à défaut d’être élégants) et j’en ai commandé immédiatement une poignée, coup de cœur que le prix ridicule a nettement facilité.
Cela a donc commencé comme cela :

Vous noterez l’élégance discrète du gros truc jaune brillant, et l’explosive brillance de la grenade défensive de gauche. Et bien, croyez-moi si vous le voulez, mais ils sont tous trois excellents, et j’ai adoré écrire de nouveau au stylo-plume !
Je me suis acheté quelques autres de ces objets - des “occidentaux”, des chinois, des indiens, et même un français “vintage” des années 50 à la plume réputée très flexible. Pourquoi tout cela ? Un seul stylo-plume ne me suffisait-il pas ? Ai-je donc succombé à la terrible maladie que l’on nomme calamophilie ? Oui et non. Certes, la collectionnite aigüe me guette, mais c’est surtout la curiosité qui m’a inspiré, en même temps que le coût somme toute très raisonnable de ce passe-temps.
Raisonnable ? Oui, certes, si l’on évite soigneusement les Montblanc, les Souverän, les Omas, les Carènes et tant d’autres bijoux hors de prix ! Sur le très estimable forum calamophile francophone, ces charmants collectionneurs me conseillent de “me lâcher”, “on n’a qu’une vie”, tout ça. Une seule vie, je ne sais pas, mais des passions j’en ai un paquet, et elles me reviennent déjà assez cher !
J’ai donc défini comme axiome de ne pas dépasser 50 € par stylo. J’ai pour l’instant tenu cette limite, mais je sais bien sûr qu’à un moment ou à un autre je craquerai pour un Matthieu Favet artisanal, un Custom 823 de Pilot ou un Bulkfiller tout noir. Mais pas tout de suite, et en attendant, c’est toujours “ça de gagné d’économisé” pour une guitare !
(1) La traduction en français de la description des stylos Montblanc fait allusion à une “résine précieuse” qui fait beaucoup rire les amateurs. C’est bien sûr un simple “plastique”, haut de gamme, sans doute, mais aussi précieux qu’un plastique peut l’être…

mardi 3 mars 2015

Pré-premier jet

Le syndrome de la page blanche, c’est un problème assez facile à résoudre. Mais cela ne conduit pas forcément à écrire ce que l’on souhaite. Voici un petit exercice d’écriture qui m’aide bien quand “je pars dans le décor” ou que je sens qu’une scène manque de profondeur.
Je prends une nouvelle page, et je commence par réfléchir à ce que je voudrais écrire - par écrit ! C’est un “pré-premier jet” qui pose le but de la scène et ses éléments, mais dans un style totalement libre. Cela m’aide aussi à me rappeler que j’écris pour mes lecteurs. Je peux vous parler directement, et ainsi ne pas oublier le sens et le but de mon travail.
Si par exemple je n’arrive pas à rendre vivant un dialogue, ou qu’une description est plate et sans vie, je vais écrire quelque chose comme :
“Bonjour mes chers lecteurs, aujourd’hui j’ai envie de vous décrire cette très jolie église où mon héros vient chercher un moment de calme. J’ai un peu de mal à rendre efficacement le mélange entre la sobriété du lieu - ni vitraux chatoyants, peu de couleurs, peu de tableaux… - et “l’efficacité méditative” de la construction romane, de la haute nef et des simples bancs de bois”.
Et ainsi de suite. Au fil de ma rédaction, les mots qui me manquaient en mode rédigé vont apparaître. Je vais les souligner en rouge, puis les reprendre dans la rédaction proprement dite. Une seule “séance” ne suffit pas toujours, mais au bout de deux ou trois de ces reformulations libres, j’arrive en général à transmettre ce que je voulais à l’origine.