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Fallout 4 : la (petite) déception

Je l’attendais avec une impatience mal contenue. Je me suis rué sur le jeu dès sa sortie. J’y ai joué de longues heures, arrivant “presque à la fin”. Et, malheureusement, je dois bien m’avouer que je suis un peu déçu.
Oh, c’est un bel et bon jeu vidéo, qui depuis sa dernière mise à jour fonctionne parfaitement son mon PC pourtant déjà un peu daté. Fallout 4 approfondit encore l’univers créé par Brian Fargo, en explorant les environs d’un Boston toujours aussi post-apocalyptique
Je pourrais déjà lui reprocher, avec une bonne dose de mauvaise foi, une interface et une ambiance trop "console". Mais, en réalité, cela fonctionne fort bien, et c'est globalement agréable et pratique, même avec un clavier et une souris. Je pourrais aussi critiquer la difficulté inégale, qui devient rapidement très insuffisante. Mais, là encore, ce serait faire preuve de mauvaise foi : cette option peut être réglée à tout moment, même au milieu d'un combat ! Pas d'excuses non plus pour ce qui est des sauvegardes : non seulement vous pouvez en réaliser d'une touche, mais le programme en effectue discrètement à intervalles régulier, sauvant vos précieuses heures de jeu si vous rencontrez par inadvertance quelque trépas imprévu. 

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Non, ce qui me chagrine ne concerne ni la technique, ni les mécanismes du jeu. C'est l'histoire principale, et dans une moindre mesure l'univers où évolue notre héros, qui me laissent carrément sur ma faim.
Pour remettre les choses à leur place, un petit retour historique sur la saga XX, l'une des plus marquantes de l'histoire du jeu vidéo. 

– Il y a fort longtemps (1997) Brian Fargo, patron de Interlay, nous propose un jeu post apocalyptique pas piqué des vers, Fallout. Y apparaissent toute une série d'éléments qui vont devenir des classiques du genre, presque des stéréotypes , avec les Vaults, où les humains se sont protégés de l'apocalypse nucléaire, le Pip Boy, que le héros porte au poignet et qui lui sert d'interface avec son inventaire, mais aussi avec le système de jeu orienté rôle, de caractéristiques et de compétences. Au delà de ces qualités ludiques et technique, Fallout apporte une histoire prenante et un unvers aussi loufoque que cohérent. 
À tous les niveaux, l'humour et le décalage sont rois, autant dans les compétences (perks) délirantes, que dans les dialogues savoureux, ou les cent façons atroces de se faire occire par d'horribles mutants survitaminés. Le cocktail est détonnant, il fait carrément mouche auprès des joueurs, d'autant que la réalisation en 3D isométrique est de belle qualité pour l'époque. Quelques mois plus tard, la suite, Fallout 2, ajoute encore à la légende et l'univers. Un carton ! Quelques autres jeux, comme le pas si mauvais Fallout Tactics, suivront, mais le monde du jeu vidéo a déjà bien changé, et Interplay, à qui on doit pourtant aussi - et entre beaucoup d'autres - la saga des Bard’s Tale, met la clé sous la porte. Fargo a déjà quitté le navire depuis longtemps, poussé vers la sortie par les fonds spéculatifs qui tient bien serrés les cordons de la bourse Je vous laisse consulter Wikipédia si vous voulez plus de détails sur l’histoire d’Interplay. 

Donc voilà, c'était l'histoire de Fallout. Enfin pas tout à fait, car pour notre plus grand bonheur cet univers va renaitre de ses cendres. Chez Bethesda, qui cartonne avec sa série de jeux Elder Scrolls, il y a quelques fans de Fallout, et puisqu'ils ont du pognon, ils décident d’acheter la licence. C'est ainsi que Fallout 3 apparait. La 3D isométrique a laissé la place de la vraie 3D “à la 1ère personne”. Suivront quelques add ons, puis l’excellent Fallout New Vegas, quelques autres add ons pour ce dernier, et enfin le Fallout 4 dont nous parlons ici. Ouf ! 

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Beaucoup ont reproché à Fallout 3 son côté mal fini, et des limitations techniques incompréhensibles de la part de l'éditeur (à l'époque) des superbes Morrowind et Oblivion. Le scénario parait aussi très linéaire, et est bien trop “téléphoné” par moments. New Vegas, plus abouti techniquement, profitait aussi d'un univers profond et fouillé, et d'un scénario complexe et plutôt surprenant. Son succès est totalement mérité. 

Fallout 4 est encore plus réussi techniquement, mais il pêche, je trouve, tant par un univers trop stéréotypé que par un scénario linéaire, prévisible, et finalement bien peu intéressant.
Je vais éviter les spoilers, mais l'on devine trop vite où l'histoire de nous mener. Les arcs secondaires sont eux-mêmes prévisibles et bien peu détaillées. Enfin, tout cela manque singulièrement d'ambiance et de sensitibité. On vide des millions de conteneurs, d'étagères et autres coffres, on “craque” des centaines de consoles d'ordinateurs, mais bien peu de l'histoire du monde apparaît dans les quelques informations éparse que l’on récolte ainsi, et l'on passe finalement beaucoup plus de temps à combattre, sans réelle difficulté, des armés de supermutants ou de zombies (pardon, goules), laissant sur notre passage des entassements de cadavres, qui heureusement disparaissent entre chaque visite d'un même endroit.
Le scénario principal est creux, et sous l’air de nous proposer plusieurs choix, nous interdit les plus simples et les plus évidents. Alors que, dans New Vegas, il s'agissait de rassembler les différentes factions contre un ennemi commun, rien de tel ici : chacun campe sur ses positions, et la fin verra la victoire totale d'un camp sur les autres, alors même que notre position élevée dans les différentes hiérarchies, et nos sympathies dans tous les camps, nous aurait tout naturellement amené à rassembler toutes ces forces sous notre commandement.

Mais non, le Brotherhood of Steel, le Railroad, et l'Institut (et accessoirement les Minutemens) sont dès le départ dans leur rôle, et selon votre décision finale, il y aura un gentil qui gagne et des méchants qui sont purement et simplement éliminés. Vous avez dit simpliste ?
Pour résumer, je lui trouve certes quelques qualités. Les décors sont superbes, la 3D relativement efficace (il y avait des gros ralentissements, mais chez moi cela a été réglé par la dernière mise à jour). Le combat est plutôt tactique, bien que cela finisse tout de même par être un peu répétitif. Votre héros peut de plus être largement personnalisé au fur et à mesure de son évolution. 

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Mais, vraiment, l’adaptation pour les consoles ne peut que limiter le contenu annexe et scénaristique. Fallout 3 est définitivement trop orienté vers le combat, il n'y a pas assez de découverte et d'exploration. Les Vaults, qui dans les épisodes précédents  étaient nombreux et à chaque fois racontaient une petite histoire, en sont un bon exemple. Il y en a que quatre dans cet épisode. L'un est non terminé et ne contient rien. Un autre est un simple hangar où vous dormez en hibernation au début du jeu. Un autre est vide, avec une histoire minimaliste sur un test de privation de drogue qui a mal tourné. Un seul contient une véritable histoire, assez intéressante mais cela reste vraiment très insuffisant. 

Au final, après quelques dizaines d’heures de jeu, je n’arrive qu’avec peine à me motiver pour continuer et terminer la quête principale. Je ne suis tout simplement pas satisfait des choix trop manichéen qui se sont imposés. À suivre ? 

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2 commentaires:

  1. Idem pour moi après quelque 44 heures de jeux je m'ennuie. C'est super répétitif : on tue on vide les conteneurs et on prie pour avoir assez de munitions pour la suite... L'armure je l'utilise jamais trop contraignant. Bref je préfère l'univers de skyrim bien plus fun au final.

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  2. Vous pouvez aussi sans hésiter vous tourner vers Fallout 3 : New Vegas, qui est à mon sens le meilleur de la série, riche, original et plein d'humour (et très vaste de surcroit). :)

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